Les t-shirts féministes

Depuis toujours les t-shirts affichent des slogans. Mais, la vague féministe inspire la mode et on voit fleurir depuis quelques années, de nouvelles phrases plus ou moins subliminales censées rappeler au monde entier la place des femmes dans la société.

Mode et féminisme

Bien avant les petits mots bien pensés portés sur les hauts, les femmes ont fait évoluer leur garde-robe. Elles ont tout d’abord fait voler en éclats le corset grâce à Coco Chanel qui proposait à cette époque de nouvelles tenues pour des femmes plus actives. Puis, elles se sont emparées des smokings, pièce typiquement masculine, pour prouver leur émancipation. Cheveux courts et look androgyne ont suivi, faisant fi des symboles féminins : cheveux longs et robes. Viennent ensuite le bikini et la mini-jupe. Insolent et scandaleux pour certains, ils sont portés comme un pied de nez à la gente masculine refusant de considérer les femmes comme leurs égales.

En 2016, les grands couturiers s’emparent d’un regain d’idées féministes et les déclinent sur des pièces de leurs collections. Ainsi, inspirée par le titre d’un livre d’une écrivaine nigériane, la directrice artistique de Dior, s’autorise un chandail avec cette inscription : « We should all be féminists ». Il devient immédiatement la « coqueluche » de grandes stars notamment américaines qui relayent le message en affichant leurs idées. De Calvin Klein à Prabal Gurung en passant par Zadig et Voltaire, la plupart des créateurs ont proposé des vêtements à messages engagés.

Les grandes chaînes de magasins ont-elles aussi décidés de mettre à portée de porte-monnaie ces t-shirts revendicatifs. On peut trouver maintenant de partout, une gamme de vêtements élargie agrémentée de messages tels que : « The future is female », « Girl power », « We are all wonder woman », « Marriage can wait, éducation cannot » …

Où trouver ces vêtements ?

Que ce soit en boutique ou sur internet, t-shirts et sweats à messages font partie de toutes les collections quelque soit la saison. Cependant, il est important de s’enquérir de la provenance des pièces vendues et des tissus utilisés, comme pour tout vêtement d’ailleurs. Il s’avère en effet que des enquêtes révèlent que certains de ces vêtements sont fabriqués à l’île Maurice ou au Bangladesh par des femmes maltraitées et sous-payées travaillant jusqu’à 16 heures par jour, ce qui paraît être le comble pour des t-shirts féministes !

Il paraît donc principal de se tourner vers des enseignes respectueuses de ses employés et pourquoi pas vers des créateurs. Aurélia Gadeyne, jeune créatrice inspirée par ses voyages, travaille seule et privilégie le coton bio. Des valeurs éthiques et écologiques nourrissent cette artiste qui picorent des idées au cours de ses pérégrinations sur les différents continents. Graphiste de formation, elle s’est enrichie de techniques ancestrales telles que le shibori, le sashiko, la teinture végétale et le tissage traditionnel. Toujours réalisées à la main, les impressions se font en série limitée. A l’inverse des grandes chaines, aucun risque donc de retrouver un vêtement identique !

Ses créations se retrouvent sur son site, aureliagadeyne.fr, mais elle les propose dans son atelier nomade sur de nombreux marchés artisanaux, forains et de créateurs de la région. Endroit où vous pourrez la voir travailler puisqu’elle propose des personnalisations de produits à la demande.

Un peu rebelle et engagée sur la cause féministe, elle assume résolument ces créations reprenant un utérus et des ovules avec beaucoup d’humour et de conviction. Sa collection se décline en t-shirts et sweats pour les femmes et pour les hommes. Quant aux enfants, bavettes et bodys sont agrémentés de dessins délicats tracés à la main. Mais, cette créatrice ne s’arrête pas au textile. Elle propose aussi des carnets, des mugs, des trousses et des sacs.

La mode s’est ainsi emparée de ce mouvement féministe qui ne date pas d’hier. Femmes et hommes arborent désormais ces vêtements engagés. Nouvelle arme pacifiste, les slogans affichés fièrement sont censés « réveiller » les consciences et faire réagir. Ainsi, grand-mère, mère et fille, toutes les générations confondues se retrouvent dans ce combat et affichent leurs convictions comme un cri de ralliement repris sur les vêtements qu’elles portent.